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Jean-Pierre Fabre comme chef de l'opposition, Faure Gnassingbé peut dormir sur ses lauriers Ad vitam

Echaudés par les tournures de l’opération les Derniers Tours de Jéricho en 2013, Jean-Pierre FABRE et compagnie craignent l’eau froide de Lomé. C'est le moins qu'on puisse dire depuis la traîtrise en allant aux élections présidentielles de 2015.

« Alors que le vrai débat est ailleurs comme le fait de continuer à supporter une seule famille régnante plus de 50 ans après, ils ont encore commencé leur querelle de chiffonniers. Après, ils viendront nous dire que le pouvoir a volé les élections et patati patata», assène, parlant de l’opposition togolaise, un observateur avisé de la scène politique nationale mais qui a requis l’anonymat connaissant bien le marigot dans lequel il est.

Les salves entre l’Alliance nationale pour le changement (ANC) de Jean-Pierre FABRE et le Comité d’action pour le renouveau (CAR) de Me Yawovi AGBOYIBO se sont annoncées encore autour de ce machin de Conseil National de Suivi de la Décentralisation. Alors que les législatives s’approchent, elles auront lieu l’année prochaine, et que l’heure devrait être aux stratégies gagnantes pour dérouter la machine UNIR toujours conquérante, l’ANC et le CAR se déchirent sur la décentralisation comme le révèle ce titre du très opportuniste site Republicoftogo.com : « La décentralisation déchire le CAR et l'ANC ». Et le même site d’ajouter: « La formation dirigée par Yawovi Agboyibo accuse celle présidée par Jean-Pierre Fabre de collusion avec le pouvoir en ayant accepté de siéger au sein de ce nouvel organe (Le Conseil national de suivi de la décentralisation, Ndlr) ». 

Il faut relever qu’en dehors de ce conseil consacré à la décentralisation qui fait jaser déjà, il y a la Commission de réflexion sur les réformes politiques, institutionnelles et constitutionnelles créée récemment par le pouvoir, le Haut commissariat pour la réconciliation et le renforcement de l’unité nationale qui font aussi des vagues dans les rangs de l’opposition et de l’opinion. A croire que Faure et ses amis ont trouvé la formule pour endormir leurs adversaires et s’offrir un boulevard. En tout cas, les déchirements au sein de l’opposition ne font que l’affaire du pouvoir qui peut surfer sur cette vague pour avancer bien ses pions sur le terrain.

A ce propos, UNIR est en mode remobilisation actuellement comme le relaie abondamment la télévision nationale TVT qui ne manque pas d’informer sur les tournées du parti au pouvoir dans les différentes localités du pays. Tandjouare, Bassar, Kantè, Dapaong, Agou, Amlamé, UNIR a oublié apparemment ses querelles intestines le temps des préparatifs en vue des législatives à venir, pour rassembler ses troupes. Pendant ce temps, ses adversaires se cherchent ou s’entredéchirent pour un oui ou non. Pour paraphraser le président Laurent Koudou GBAGBO à l’époque parlant de son opposition, au Togo, devant Faure, c’est maïs. Celui qui pouvait faire office de forte tête, Jean-Pierre FABRE et qui était en mesure de troubler sérieusement le sommeil du camp UNIR au pouvoir n’est plus que l’ombre de lui-même. Il est panne d’initiatives et ne voit pas que le temps joue contre lui. Depuis les mobilisations de fin 2012 et début 2013 où au sein du Collectif sauvons le Togo, ils avaient réussi à donner des sueurs froides à Faure, plus rien en tant que tel. A l’époque, Jean-Pierre FABRE et alliés avaient programmé les 10, 11 et 12 janvier 2013 des manifestations appelées les dernières tours de Jéricho pour obtenir l’alternance. Cette opération avait été stoppée d’ailleurs net par les incendies dans les nuits des 9 et 11 janvier 2013, des marchés de Kara et de Lomé. Des manifestations qui ont abouti à des emprisonnements et aux morts d’hommes dans les rangs de l’opposition et qui semblent avoir entamé les nerfs de Jean-Pierre FABRE et compagnie. Aujourd’hui, on dirait que ces derniers aussi échaudés ont fini par craindre l’eau froide. Jusque-là, aucune action d’envergure de leur côté pour inquiéter le pouvoir qui, pour détourner l’attention de ses adversaires, a pris sur lui de lancer des commissions par ici et de hauts commissariats par là. En sachant bien que tout ceci va engendrer des remue-ménages au sein de l’opinion et créer des problèmes dans les rangs de l’opposition. Sur ce plan, c’est le Général De GAULLE qui a vu juste en disant que, lorsqu’on ne veut pas résoudre un problème, il faut créer une commission. Entre-temps, quand est-ce que la Commission de réflexion sur les réformes présidée la même personne qui dirige le Haut commissariat à la réconciliation, Mme Awa NANA va rendre sa copie avant de s’attaquer aux réformes proprement dites ?

Taffa Biassi

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