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De quoi souffre Faure Gnassingbé ?

« Le chef de l’Etat a de sérieux soucis de santé et ne peut pas faire deux semaines au Togo sans se rendre en Italie », nous a confié en juillet dernier un ancien député. Et depuis sa bruyante absence au symposium du cinquantenaire de la BCEAO à Dakar le 3 novembre dernier, les rumeurs enflent tant au Togo qu’à l’extérieur. De quoi souffre Faure Gnassingbé?

La quête permanente de l’aura internationale reste le violon d’Ingres de Faure Gnassingbé. Président en exercice de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) depuis deux ans, il a toujours pris part aux nombreuses manifestations de cette institution. Et dans le cadre du 50ème anniversaire du franc CFA, il a prononcé le 31 octobre dernier, un discours diffusé par toutes les chaînes de télévisions nationales des huit pays de l’UEMOA. Mais contre toute attente, il n’était pas à Dakar pour le symposium du cinquantenaire de la BCEAO. « Tout a été fait pour accueillir le chef de l’Etat togolais. Ce n’est qu’à quelques heures de la cérémonie solennelle que les services protocolaires du Sénégal ont été informés de l’indisponibilité de M. Faure Gnassingbé. Pour sauver alors la face, le président Macky Sall a dû s’improviser président en exercice de l’UEMOA et faire le discours d’ouverture à sa place », affirme un fonctionnaire de la BCEAO à la retraite.

Etant allés dans la capitale sénégalaise dans le cadre du 5ème Forum des leaders des médias d’Afrique, nous avons été apostrophés par plusieurs confrères de l’espace UEMOA. Pendant tout le forum, nous étions accablés de questions : « Il semble que votre président a des ennuis de santé et que c’est la raison pour laquelle il n’était pas venu à Dakar ? », « De quoi souffre votre président ? », « Est-ce que vous savez que votre président est allé en Italie pour se faire soigner ? ».

Des questionnements qui nous ont amenés à nous remémorer les confidences qu’un ancien député nous a faites dans le mois de juillet. « Le chef de l’Etat a de sérieux soucis de santé et ne peut pas faire deux semaines au Togo sans se rendre en Italie. Il y va souvent pour recevoir des soins. Tout se fait en toute discrétion. Il fait comme s’il est allé à Pya et de là, il rallie l’aéroport de Niamtougou où l’attend l’habituel « Comfort Jet ». Parfois, pour donner l’impression que le pays fonctionne, on simule des conseils des ministres. Comme on ne publie aucune image des conseils des ministres, des communiqués sont rédigés et les ministres passent à la TVT pour leur fanfaronnade. Ceci dit, c’est à la télé que certains ministres apprennent qu’il y a eu conseil », nous a-t-il expliqué tout en refusant de nous dire ce dont souffre le chef de l’Etat qui est avant tout un être de chair et de sang comme tout le monde.

En effet, le « fils de la nation » est parti en Italie le 31 octobre et n’est rentré qu’en début de semaine dernière. Mais il y a un fait sur lequel s’accordent tous les Togolais, c’est que le chef de l’Etat a commencé à dépérir. Nombre de ceux qui ont eu à suivre son discours sur la BCEAO ont fait le même constat.

Mais de par le monde, les maladies des chefs d’Etat sont rangées dans la rubrique « top-secrets ». A force de mettre en avant la sacralisation de leur fonction, on n’oublie qu’ils sont aussi des humains, des êtres finis. Par exemple, le Docteur Claude Gubler, un des deux médecins ayant suivi François Mitterrand durant ses septennats, a été radié de l’Ordre des médecins pour avoir révélé le cancer de son patient… Ce n’est que plus tard qu’il a été réhabilité par la Cour européenne des droits de l’homme.

En 2007, Nicolas Sarkozy avait promis une transparence totale sur le sujet. « Son malaise le 26 juillet 2009, après son jogging dans la résidence d’Etat de la Lanterne, lui avait prouvé qu’une telle promesse n’était pas tenable. Etouffé par les médias, cet épisode avait tout de même inquiété le commandant de police Michel Bénard témoin de la scène qui raconte ce qu’il a vu dans le livre. D’après son témoignage, le président était passé, en quelques minutes, d’un état de grande faiblesse – les « yeux révulsés » - à un comportement irresponsable, trépignant d’impatience pour qu’on veuille bien le laisser tranquille », avait écrit « Le Parisien » du 10 avril 2012.

Et avec les chefs d’Etat des républiques bananières, il ne faut pas croire au miracle. Même malades, ils se cramponnent au pouvoir, quitte à voter dans leur voiture comme l’avait fait en son temps un certain Lansana Conté.

R. Kédjagni

 

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