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Abass Bonfoh : "Publiez tout cela et dites que c’est moi qui l’ai dit".

 

" Fini le jeu du chat et des souris. Les journalistes d'Afrique Magasine ont choisi le Lynx pour dire tout ce qui s'est passé entre Abass bonfoh lors de l'interview. Ici le journaliste David Cudjoe Amekudji  qui a interviewé le patron du parlement togolais trouve irresponsable que l'homme puisse dire des contre-vérités. Afrique magasine enfonce le clou et déshabille Abass Bonfoh qui aurait même eu le courage de lancer cette phrase: "Publiez tout cela et dites que c’est moi qui l’ai dit". On peut être plus clair ? Le journal la Dépêche est épinglé au passage. C'est un tournant qui risque de mettre Abass Bonfo dans de mauvais draps. Va t-il enfin s'excuser publiquement, ou va t-il opter pour la fuite en avant? Promenade avec le Lynx entre le journaliste David Cudjoe et  et l'homme politique Abass Bonfoh."

Lynx.info : Abass Bonfoh dit qu’il n’a jamais accordé d’interview à Tribune d’Afrique…. Les togolais veulent savoir ce qui s’est passé.

David Cudjoe Amekudji  : Il n’a jamais dit cela, c’est une certaine presse, pour des miettes de déshonneur, s’organise autour de lui et organise, dans le tohu bohu le plus détestable, une campagne de riposte… M Bonfoh qui connait bien nos coordonnées à Tribune d’Afrique n’a, à aucun moment, appelé la rédaction pour contester cette interview qu’il a lui-même souhaitée avec insistance. Nous lui avions demandé un entretien informel, il a voulu que ce soit une interview en bonne et due forme et il était, pour l’occasion, assisté de son Directeur de Communication qui a orchestré la mise en scène. Le président du parlement togolais s’est ensuite livré à une grande séance de poses photos, ce qui nous a permis de prendre une centaine de photos dont plusieurs ont été publiées dans la presse locale. Nous attendons qu’il nous signifie qu’il n’a donné aucune interview que nous portons plainte contre lui pour diffamation et in jure à média. L’Indépendant Express et Liberté, deux journaux de Lomé, ont publié des photos où Bonfoh était à nos micros et répondait officiellement, avec la solennité qu’on lui connaît, à nos questions. Le reste n’est que des élucubrations de journaux proches du pouvoir qui sont depuis plusieurs années dans cet ignoble rôle. Pour finir, les  radios Légende Fm et Fréquence 1 ont publié les sons de ladite interview avec des questions réponses, des questions claires, des réponses évidentes… Il s’agit donc d’une interview en bonne et due forme, même si les énormités qui y ont été débitées suscitent consternation et indignation…

Lynx.info : Il voudrait qu’on parle plus d’échanges informels. Vous êtes allé trop loin en publiant ces échanges sous forme d’interview ?

Je l’ai dit plus haut, il s’agit d’une interview régulière et normale, réalisée dans les meilleures conditions et publiées après un traitement rigoureux et professionnel. Tous ceux qui nous connaissent savent la rigueur avec laquelle nous travaillons, ce qui nous a vite imposé au Togo et suscite les hostilités et colère du régime. Abbas Bonfoh est allé jusqu’à nous dire, "Publiez tout cela et dites que c’est moi qui l’ai dit". On peut être plus clair ?

Lynx.info . Abass Bonfoh dit aussi qu’il n’a pas dit qu’il « n’y a pas des morts » mais plutôt « il n’a pas vu de morts ». Erreur de retranscriptions de Tribune d’Afrique ?

J’ai réalisé l’interview avec mon collègue MAX SAVI Carmel, d’ailleurs fondateur du journal. Et c’est moi-même qui l’ai transcrite. Tout ce qui a été écrit a été dit, les radios ont passé les bandes, Bonfoh joue son jeu. C’est à mon avis une irresponsabilité s’il se refuse de reconnaître la vérité. Jusque là, il ne l’a pas encore fait clairement ni ouvertement.

Lynx.info : Le confrère La Dépêche parle de vous comme d’un journal étranger qui opère en territoire conquit. Comment décrivez-vous ce journal au moment où on parle de l’intégration des pays de la CEDEAO ?

La Dépêche n’est pas le journal idéal pour nous faire la leçon. Pas de polémique. Nous sommes le meilleur instrument d’intégration régional et de vision panafricaine. Nous suscitons jalousie et colère, contestations et hostilités, mais nos objectifs sont évidents. La bonne gouvernance… TE Dieu sait que le Togo en a besoin plus que beaucoup d’autres. Nous restons, malgré les moyens limités et les difficultés financières, l’incarnation de la fraternité ouest africaine. Si le tirage par pays est modeste, la présence de Tribune d’Afrique est une évidence et ses ambitions sont, à mon avis, nobles.

Lynx.info : Revenons à Abass Bonfoh. Il vous accuse de l’avoir piégé. C’était aussi votre intention ?

Nous ne sommes pas des espions, la tendance maladroite qui consiste à dire de nous que nous piégeons des gens ne nous honore pas. Il s’agit à mon avis d’une campagne pour ternir à notre image, nous trouvons cela inadmissible, nous faisons des interviews et non des pièges. Nous n’avons aucun intérêt à piéger qui que ce soit, nous faisons notre travail comme cela se doit, et je n’ai pas encore entendu Abbas Bonfoh dire qu’il a été piégé ni dans une interview formelle, ni dans son laconique communiqué. J’attends qu’il le fasse et je solliciterai ma direction et mes avocats pour l’attaquer en justice.

Lynx.info : Beaucoup de journaux togolais sont proches des politiques qui les finances. Qui vous financez-vous Tribune d’Afrique au Togo ?

Nos actionnaires, deux Françaises, un béninois qui se trouve être le fondateur, deux togolais dont moi-même. Aucun  soutien occulte, rien de tout cela. C’est pourquoi nous nous battons pour avoir de la publicité. Je vais vous donner un exemple, il nous est arrivé une fois de vendre 11800 exemplaires dans l’affaire Kpatcha, cela fait près de 10.000 euros de vente, nous mettons l’accent sur la vente et c’est ce qui marche… Mais des mécènes qui nous laissent libres, pourquoi pas ? Nous sommes attachés à la liberté.

Lynx.info : Faure a retiré toutes ses plaintes contre les confrères. Pourquoi Tribune D’Afrique n’a pas approché Mey Gnassingbé pour une clémence ?

Quelle clémence ? Je vais être clair avec vous, nous ne nous reprochons rien, c’est le régime qui nous en veut. Peut-on demander pardon quand on n’a rien à se reprocher ? Soyons sérieux. On n’a jamais dit que Mey est trafiquant, à Tribune d’ Afrique, nous ne pouvons pas gérer les humeurs de tout le monde. J’ai été personnellement condamné à 2 millions de cfa dans cette histoire mais je m’oppose à la clémence, ça n’a pas de sens. Si Mey retire sa plainte, je le remercierai pour m’avoir écourté les tracasseries de la justice. Même si nous sommes condamnés, le combat continue, en demandant clémence, vous devez faire des concessions… Nous n’en ferons pas une seule au Togo, pourvu que nous soyons dans les normes déontologiques et professionnelles.

 Lynx.info : Je vous remercie confrère

C’est moi qui te dis grand merci, tu as toujours pensé à nous.

Propos recueillis par Camus Ali Lynx.info

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