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Abidjan by Night. Versus Ouattara !

 

Plusieurs bars à Abidjan ont adopté le système de strip-tease dans leur cadre pour attirer la clientèle et se faire beaucoup de sou. Le striptease ou l'effeuillage est  une forme de spectacle érotique pratiquée dans les boîtes de nuit qui consiste, pour une personne, à se débarrasser de ses vêtements au cour de la danse pour finir dévêtue, voire nue. Ce type de personne est communément appelé stripteaseur ou effeuilleur. Le nom strip-tease vient de la langue anglaise qui signifie strip, « se déshabiller », et tease, « attirer l'attention ».

Fait !

De jeunes filles dénudées, en décolleté alléchant, en dessous presque inexistant ; des seins en disgrâce, avec ou sans soutiens gorges, des déhanchements lubriques dans une acoustique de rythmes et de musiques savamment sélectionnées pour la circonstance ; un public composite mais euphorique et lascif, de jeunes hommes surexcités, des tables remplies de bouteilles de boissons, des ébats sexuels avortés, des attouchements de parties intimes. Une nouvelle forme de prostitution importée, modernisée par les Africain, un nouveau mode de vie  pour se pervertir. Seul le mode opératoire diffère sinon, « il n’y a pas de différence entre ce qui se fait dans les pays occidentaux », reconnaît Alice, employée en tant que gérante dans un bar. Alors que pour Jean Marie cadre dans une société de la place: « J’ai 43 ans et je vis à Abidjan depuis 30 ans. Je sais que la prostitution est dans toutes les rues, mais jamais je n’ai vu cette `merde’ qui se fait aujourd’hui dans presque tous les bars de la ville. Jamais », affirme-t-il. Ces bars déchaînent les passions et éveillent la libido de ceux qui s’y rendent. Provoquant l’exaspération des uns et affermissant les loisirs ou les choix ludiques des autres, le strip-tease continue de gagner du terrain, et ceci dans l’indifférence des autorités et l’excitation immorale des personnes adultes qui rehaussent de leur présence ce salace épisode de toutes les nuits à Abidjan et même à l’intérieur du pays. « Ce n’est seulement pas dans la ville d’Abidjan que cela se passe, même les autres villes du pays sont déjà contaminées…seulement si je pouvais savoir quel diable pousse ces filles à aller s’adonner à ce jeu indigne », s’interroge désespérément la jeune Flora,  qui a une amie fréquentant ces bars.

De la prostitution au strip-tease

Beaucoup de jeunes femmes rencontrées et qui s’adonnent au strip-tease reconnaissent qu’elles étaient prostituées. Sur 20 strip-teaseuses, une quinzaine avouent abandonner les allées de la rue princesse, des voies de la zones 3 et 4 pour nouer avec l’ambiance des bars climatisés, des cabarets et des night clubs pour des spectacles de strip-tease connus communément sous la dénomination `Wolosso’. Une sorte de conversion, disent-elles. Rapprochées, elles expliquent que plusieurs raisons sous-entendent ce nouveau choix de conversion. Rosemonde, rencontrée dans l’un des bars les plus convoités de la capitale  confie avec une ténébreuse fierté : « J’étais avant sur la voie de marcory gazoil, mais aujourd’hui je préfère les bars climatisés qui nous rapportent beaucoup. Ici, nous avons des clients dont la bourse est pleine ». Plus loin, elle ajoute : « Nous ne venons pas à ces soirées pour simplement faire du spectacle, mais pour nous trouver un mec avec qui passer une soirée qui nous rapportera plus que de rester de 20 heures à 02 heures dans la rue  sans pouvoir en gagner autant. » Légitimation de l’impudicité ? A plus de 2 kilomètres un autre bar, une autre jeune fille qui, préférant garder l’anonymat se livre à cœur ouvert : « Je trouve plus de plaisir à être strip-teaseuse que d’être prostituée ». De l’avis des uns et des autres, le strip-tease est le nouveau haubert qu’enfilent ces filles de joie pour s’absoudre de l’œil accusateur que la société porte sur elles. « C’est une nouvelle manière de se faire énormément de l’argent en se prostituant et en restant à l’abri du jugement du plus grand nombre », analyse Franck conseillé communal. A Charlène d’aller  plus loin : « Qu’on refuse la prostitution de la rue ou qu’on s’exhibe  à tous vents dans les bars climatisés, c’est de la prostitution », précise-t-elle.

Discrétion oblige

Il est 22 heures 15. Nous sommes un jeudi soir dans  l’un des bars climatisés les plus convoités par les jeunes et même des personnes adultes pour la parade scabreuse des filles impudiques, qu’il offre chaque soir. Au programme ce soir et comme tous les soirs, il y a de la bonne musique, de la boisson, de l’argent qui va circuler et surtout cette leste et érotique séance de filles impudiques. Déjà, une trentaine d’amateurs autour des tables installées à l’extérieur du bar. Des bouteilles à moitié pleine ou vides et des verres en mains. Savourant ainsi dans de petits conciliabules, ils s’amusent et dansent. « Après une semaine de dur labeur, je rejoins mes amis ici, pour  me distraire de la plus belle façon », affirme un jeune homme attendant ses amis pour entrer dans le bar. Tout comme lui, les autres sont dans la même dynamique distractive et ludique : passer une belle partie de distraction. En suscitant sa libido pour s’ouvrir les horizons de la déchéance sexuelle. A compte-goutte, les clients arrivent et entrent subtilement comme pour rester à l’abri des regards indiscrets ou des paparazzis. Quelques minutes après, les personnes assises sur l’esplanade du bar se lèvent aussi discrètement et voluptueusement avec leurs verres en mains pour rejoindre la salle climatisée où le soi-disant plus beau. « C’est à l’intérieur qu’il y a le plus beau », lance un amateur qui s’empresse de rejoindre le bar. Et à l’intérieur, c’est apparemment un autre monde. La musique est à fonds. Le rythme est celui endiablé des musiques sensuelles américaines. La finesse des lumières présente un autre monde de couleurs et d’ombre. C’est le plein de monde. Les tables encore occupées par des bouteilles, des verres, des paquets de cigarettes. La remarque est décisive : peu de filles et grand nombre d’hommes.

Un spectacle de strip-tease

Dans l’assistance, des silhouettes se livrent à des démonstrations. Des déhanchements pédantesques s’observent. Des jeunes gens aux visages surexcités. Les regards convergés vers une silhouette. Une silhouette pulpeuse et corpulente, les yeux charbonnés, le charme pétillant de grâce et d’énergie, le corps en sueur malgré le climatiseur mis à fonds, une chevelure noire épaulant cette apparence. C’est une jeune femme, qui passe de table à table pour des séances d’exhibition. Ce soir là, elle a porté un soutien gorge mitraillette où les seins sont nus et d’un string coquin abandonnant toutes ses fesses à toutes exactions venant d’une assistance en proie aux fantasmes sexuels. En toile de fond la danse, la fluctuation corporelle. Elle s’avance dans une démarche alanguie vers une table d’un groupe de cinq hommes sirotant la boisson d’entrée qui se vend ce soir là à 20.000 francs. Un désordre sexuel pour environ cinq minutes : elle fluctue et trémousse les fesses sur les cuisses d’un client du groupe des cinq jeunes hommes. Ce dernier prend son verre et vide le contenu sur ses fesses. Il dépose le verre et se livre à des attouchements intimes avec la fille qui ne s’est pas fait prier pour offrir un effeuillage langoureux et sensuel au jeune monsieur qui s’emballe dans une euphorie de soupir. Il tapote les fesses, prend la jeune fille en position incommodante et se fond dans des chatouillements sur ses parties intimes : le pubis, les seins, les fesses, les tempes et le bas ventre ; des parties déjà exposées dont l’accès ne nécessite plus grande difficulté. Une séance qui se solde par quelques billets de banque enfoncés dans le sexe. Ainsi, part-elle de table à table toute cette soirée se dégoter un client qui mise financièrement gros. Pour la plupart, ces filles sont de nationalité ivoirienne. Pendant ce temps, d’autres clients affamés de ces envies libidineuses se laissent aller à des masturbations sexuelles. L’envie étant forte et l’extase à son comble.

Quand elles-mêmes en parlent

Comme dans un requiem de dérisoires regrets amplifiés par une mauvaise inspiration, ces filles de joies s’expliquent. Rosemonde, l’une d’entre elles abordée après son « show » et suite à une véritable et longue négociation a accepté de se confier à nous sur son nouveau job qui fait courir de jeunes adolescents, de jeunes gens, de petites filles et même des sexagénaires. Les 19 ans révolus, elle nous confie qu’elle était une prostituée, tapineuse des abords du Hall d’un grand hôtel de la place et qu’aujourd’hui elle s’est reconvertie strip-teaseuse. « Avec ce que vous appelez nouvelle forme de prostitution, je gagne énormément de l’argent pour subvenir aux besoins de mon enfant », raconte-t-elle tout en insistant sur le fait qu’elle s’y plait bien. Aussi, note-t-elle qu’elle assume pleinement et sans honte son nouveau statu de strip-teaseuse. « Si déjà on se met presque nu à la piscine ou à la plage, je ne trouve pas ça grave de se mettre à nu dans un bar. Et dis moi entre voler et ce que je fais que préfères-tu ? » Déclare Rosemonde qui s’envolera quelques instants plus tard pour aller se poser sur les bras d’un homme qui l’attendait apparemment. Quant à Estelle, jeune métisse, il n’y a pour elle aucune honte à faire ce job. Survivre à n’importe quel prix semble être son leitmotiv. « Seul le regard que porte la société sur nous, nous gêne. A part cela, on s’y plait bien ». Une activité qui leur rapporte gros, à les en croire. « Les jours ordinaires, nous faisons une recette qui varie entre 10. 000 et 50.000F sans compter les éventuels clients. Les week-ends, on en récolte plus que ça ». En somme, le strip-tease est une affaire d’argent. Et la jeunesse actuelle s’y comble.

Des avis partagés

Bassesse morale ou atrophie de la conception des mœurs ? Mutilation de la responsabilité des aînés ou démission des parents ? Le mal du strip-tease laisse des avis partagés. Arsène, comptable, la trentaine déjà et habitué des lieux ne trouve pas d’inconvénient à cet état de choses. « J’aime venir voir ces jolies femmes se trémousser pour le bonheur de mes yeux. J’en suis chaque fois satisfait » laisse-t-il entendre. « Les jeunes ne sont pas les seuls. Il y a beaucoup de personnalités qui viennent ici. Des hommes d’affaires, des hommes politiques, et même des députés etc. » Une déclaration faite par une strip-teaseuse. Oui, des personnalités et pas des moindres se rendent dans ces lieux. Mais les avis sont bien tranchés par rapport à ce phénomène de strip-tease, Mme Joséphine, mère de famille et chef d’entreprise, celles qui font ça sont des filles de mœurs légères. « Je dirai que ce n’est pas forcément leur faute puisque beaucoup d’entre elles n’ont pas eu la chance d’aller à l’école et n’ont pas un niveau de discernement élevé. Elles réfléchissent souvent par le sexe et pas autre chose » affirme cette dame, la cinquantaine. Un  jeune sociologue, Anatole nous dit que l’occident a encore réussi à envoyer une de ses perversités chez nous. « Je crois que les responsabilités sont partagées. Il y a les médias qui en sont pour beaucoup et il y a également le fait que l’éducation des jeunes aujourd’hui ne répond plus forcément aux valeurs d’antan ». En attendant le spectacle continu  dans la ville d’Abidjan.

Le mutisme criminel des autorités

Le crime de la morale et l’attentat contre les valeurs s’exécutent à travers ces spectacles de strip-tease. Aucun acte de répression n’est venu de la part des autorités du pays où le mal est des plus odieux et scabreux.  Les égarés sexuels continuent de s’extasier sans une probable inquiétude pouvant venir de la part de l’équipe policière mieux, les éléments de force de l’ordre sont eux même clients et perçoivent de l’argent pour les laisser travailler. Comble de paratridoxe. Chaque soir, la parade lascive et abjecte des filles rehausse l’ignominieux esclandre qui se joue à l’imintérieur de ces bars. Outre la proximité de ces lieux avec les structures censées lutter contre le phénomène, l’indifférence de ces forces de l’ordre et la participation de grandes personnalités à ces rendez- vous salaces restent criminelles. L’échelle du péril est grande et chacun à son niveau est interpellé pour l’arrêt de la poussée vertigineuse des bars climatisés promoteurs de la déviance et de la bestialité sexuelle. Le coup de gueule des parents reste obsessionnel, mais en même temps leur fuite de responsabilité cautionne le drame de la morale et l’agonie collective de la conscience. Le mal a repris de plus belle et les autorités politico administratives ainsi que les forces de l’ordre sont interpellées

L’ampleur qu’a prise le strip-tease dans nos bars  et cabarets est grande de gravité et de désordre sexuel. Il est important de savoir que use et coutume perdent de leur valeur à travers toute cette dérives. Cependant faut –il obligatoirement poursuivre les tenanciers et danseuses du striptease pour palier à ce mal ?

Dans la suite de notre prochain dossier, la vie détaillée des stripteaseuses d’Abidjan ,les raisons qui les poussent dans ce milieu, les techniques d’approche qu’elles pratiquent, les critères de sélection des filles stripteaseuses, sont autant de questions qui trouveront  leurs réponses.

Abidjandirect

 

 

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