Soro Guillaume: L’homme qui veut se tailler une image de grand

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Politique

De tous les drames vécus en Côte d’Ivoire, la rébellion armée du 19 Septembre 2002 demeure celle qui, par sa durée et son caractère lâche, continue de marquer les esprits. Cette rébellion porte un nom, celui de Soro Kigbafori Guillaume. Soro Guillaume, devenu chef rebelle du Mouvement Patriotique de Cote d’Ivoire (MPCI) à 28 ans, est selon son blog, un « repère moral et politique en Afrique. » Sur ce blog on pouvait lire ceci : « 40 ans de parcours historique et légendaire de la jeune star politique de l’Afrique post-Mandela. ». Sic! Si le ridicule n’a visiblement pas de frontière dans la galaxie de ceux qui déstructurent l’Etat, la raison nous invite à ne pas nous laisser emberlificoter par ces opérations de communication dont l’évident objectif est de préparer le fauteuil présidentiel à l’ex chef rebelle. Cette raison trouve son fondement dans une célèbre phrase de Lénine : « les faits sont têtus ». En d’autres termes, Soro Guillaume ne peut passer par pertes et profits toutes les inhumanités commises par ses hommes et dont il devra assumer devant le tribunal des hommes et celui de Dieu, l’entière responsabilité. Son combat qu’il présente comme une cause juste peut-il effacer ses crimes et l’élever au rang de grand?

Du caractère salutaire de la rébellion

Soro Guillaume perçoit la rébellion qu’il a conduite comme « une chance » en cela qu’elle visait à permettre à la Côte d’Ivoire de « renouer avec la démocratie ». Cela veut dire d’une part que la démocratie était une réalité sous Houphouët, Bédié, Guéï Robert. Etant entendu qu’on ne renoue que ce qui a été dénoué, nous nous posons la question de savoir lequel de ces Présidents a-t-il dénoué la démocratie. L’inexistence de démocratie avait été fatale au Président Bédié (victime d’un coup d’Etat militaire). Le Général Guéï Robert a été emporté par sa soif de « braquer » le choix démocratique du peuple. Ils n’ont par conséquent jamais été des démocrates. Le Rdr, parti qui a parrainé la candidature de Soro au « désert électoral » du 11 Décembre 2011, ne dira pas le contraire. Lui qui n’a cessé de présenter Bédié comme une parenthèse honteuse. Alors quelle démocratie Soro voulait-il renouer? D’autre part, la lutte armée apparait aux yeux de Soro comme la panacée à un manque criard de démocratie. Autrement dit, lorsque le processus démocratique est bloqué, les citoyens doivent se donner les moyens de prendre les armes pour débloquer la situation. Par cette conception des choses, il reproche aux leaders de l’opposition des années Houphouët Boigny, le fait de n’avoir pas pris les armes pour renverser le bélier de Yamoussoukro. Mais sans s’en rendre compte, le jeune Soro met à la face du monde la conception guerrière qu’il a de la politique. Là où nos anciens utilisaient les arguments pour convaincre, Soro lui, utilise les armes pas pour convaincre, mais plutôt vaincre. Or vaincre par les armes n’a jamais garanti la démocratie, au contraire cela constitue une source d’instabilité chronique. Comment comprendre un tel acte de Soro quant on sait qu’il professait devant les députés gabonais, les vertus du fair play. Le fair play n’est-il pas l’acceptation des règles en vigueur ? Si Soro a pris les armes, c’est bien parce qu’il n’a jamais cru au fair play. Il aurait fallu que le Député de Ferké combatte le régime par les idées en montrant les faiblesses du système. Soro a méprisé les normes et a embouché la voix des armes. Quelle est donc la démocratie que la rébellion de Soro a-t-elle instaurée en Côte d’Ivoire ? Elle n’a fait que basculer notre pays dans le club des pays dont les systèmes politiques se situent aux antipodes des normes admises en matière de gouvernance démocratique. Les dérives s’observent à tous les niveaux : confusion des pouvoirs, imposition du mandat impératif à la représentation nationale, négation des droits de l’homme, justice sélective, inégalité, exclusion, tribalisme, etc. La rébellion n’a pas réussi à faire des ivoiriens, des citoyens d’un même pays, elle n’a ni fortifiée le désir de vivre ensemble, ni permis aux ivoiriens de mutualiser leurs énergies face aux problèmes de la nation. Au contraire, elle a stratifié la société ivoirienne, les détenteurs du pouvoir étant les maitres des damnés gouvernés. Pourtant Soro avoue avoir cédé aux pulsions guerrières pour l’avènement d’une société exemplaire. Faut-il en rire ?

De la guerre par procuration

Comment croire un seul instant aux propos de Soro tendant à faire admettre qu’il ne menait la guerre pour personne. Il n’avait reçu mandat de personne. Ce discours est celui que les enfants veulent bien entendre. La guerre par procuration, le jeune Soro l’a menée depuis l’université. Se servir de son mouvement pour aider son chef Ouattara à asseoir une réputation d’homme aimé par la jeunesse estudiantine, tel a été la face cachée des successifs conflits qui ont secoué les universités ivoiriennes à partir de 2000. Devons-nous croire facilement à la petite colère enrobée d’hypocrisie lorsqu’il affirme : «Je me suis toujours senti blessé, insulté quand certains ont prétendu que nous étions des jeunes manipulés qui mènent un combat par procuration» ? Bien sûr que non. Soro Guillaume s’est mis au service des ennemis de la Côte d’Ivoire. Ceux qui trouvaient en Laurent Gbagbo un obstacle à la poursuite de leur politique coloniale en Côte d’Ivoire. Comment Soro peut-il se sentir blessé lorsqu’on sait que du statut de jeune étudiant (non salarié) il est rapidement devenu un chef de guerre exerçant un contrôle certain sur les ¾ du territoire ivoirien ? Où Soro a-t-il eu les moyens pour se construire un empire au nord du pays ? Quel carnet d’adresses avait-il pour que son seul coup de fil, suscite le refus d’une intervention militaire française auprès des forces de défense et de sécurité ? Quels moyens avait-il pour que, vêtu d’un costume quadrillé, il soit une star à Lomé et Marcoussis ? Quel poids avait-il pour que le camp de Pô au Burkina Faso soit le centre d’entrainement de ses hommes assoiffés de satisfaire leurs mandants ? A la vérité, comme l’a dit le Synares (Par la voix du prof Nyamien Messou) aux premières heures du déclenchement de la rébellion, c’est bien la France qui avait attaqué la Côte d’Ivoire par le canal de ses manipulés africains. Le Député socialiste Français Henri Emmanuelli avait reconnu que le souci de Laurent Gbagbo de faire de la Côte d’Ivoire un pays indépendant ne lui a pas été pardonné (un homme une vision d’Hanni Tchelley). Naturellement que c’est la France qui a réprimé ce souci, laquelle répression se confirme plutard lors de la crise postélectorale. Que Soro nous dise qu’il est froissé parce qu’il lui est reproché de mener une guerre par procuration, est vraiment déconcertant. Sa course vers l’hôtel du Golf, ne pouvait pas passer sans dévoiler que Soro Guillaume était bel et bien en mission pour ses mandants. Si tant est qu’il menait une guerre non contrôlée de l’extérieur et que ses penchants extraordinaires pour la démocratie sont intacts, pourquoi n’ouvre t-il pas les yeux pour voir que « sa » rébellion n’a rien résolu. Il peut toujours dire aux bénéficiaires de « sa » rébellion que l’objectif est dévié et qu’il y a lieu de revenir aux objectifs de départ. Malheureusement, Soro ne peut ni se renier, ni dénoncer ceux qui ont mis les armes dans ses jeunes mains.

En définitive, notons que Soro ne peut se tailler une image de grand sans s’enfoncer dans la gadoue. Tout milite contre lui. Et ce n’est pas le fait de dire qu’il assume « sa » rébellion qui fera de lui un homme totalement libre. Libre il n’a pas été dans la mise en œuvre de sa rébellion, libre il ne sera pas jusqu’au prononcé du verdict du tribunal des hommes et de celui de Dieu. Devenir grand aujourd’hui, prend sa source dans les actes posés hier.

Alain Bouikalo Jusriste consultant

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